Cancer, ouf… Ok je viens de recevoir en pleine face le diagnostic. Maintenant, je dois l’annoncer à mes proches. Ha ben cibole, on annonce ça comment un cancer? Clairement pas de la même façon qu’à mes grossesses… J’ai beau porter en moi quelque chose qui grandit, mais je ne l’ai ni voulu, ni désiré, ni fait en sorte que ça arrive.
Ce matin-là, j’étais accompagnée par une de mes nombreuses anges qui vont m’aider dans les mois à venir. Chéri ne pouvait pas être là à cause du travail, bon j’aurais pu lui demander de rester mais tous les 2, on ne s’attendait pas à ça. Tu te souviens, à l’échographie on me disait que c’était probablement du tissus cicatriciel? Et M. Déni m’a accompagné par la suite. Ben non, ça peut pas m’arriver!!!!
En sortant de la clinique du sein avec la pile de papiers m’expliquant les traitements, le diagnostic, ce qui m’attend, les services de support que j’ai le droit, etc… On part moi et mon ange au resto, bon au départ c’était pour fêter un soulagement, peut te dire que l’ambiance a “crissement” pris le bord. Je reçois un appel, c’est mon médecin de famille qui vient juste de recevoir les résultats. Elle veut s’assurer que j’ai bien été à la clinique du sein, que j’ai compris ce qui m’arrive et comment je vais. J’ai la meilleure médecin de famille, c’est une femme en or, je l’adore tout simplement. Cet appel, fait en sorte que tout ce qu’on m’a dit dans l’heure précédente vient faire écho une 2e fois. Ok, j’ai pu tant faim moi là!
Chéri étant en congrès, on s’était entendu qu’il devait me téléphoner au souper pour avoir des nouvelles. L’afficheur allume, c’est lui, ha non il est juste midi et je sais qu’il doit donner une conférence à 13hrs. Ha shit, je fais quoi? Ok je réponds car il va s’inquiéter sinon mais je dis quoi? Pour vrai, je sais plus vraiment comment je lui ai annoncé, je me souviens juste avoir voulu l’épargner pour son après-midi. On se met d’accord tout de suite pour que j’informe la famille proche par téléphone à mon retour à la maison et que je fasse un post via Facebook pour le reste de l’entourage. Je ne sentais pas la force d’avoir à discuter plusieurs fois de ce que je venais d’apprendre et en même temps c’était une façon de prendre un peu de contrôle sur ce qui m’arrivait. Je décidais comment l’annoncer, de quel façon et qu’est-ce que j’étais prête à donner comme détail.
Tu sais pas trop comment l’annoncer et en même temps les gens savent pas quoi te dire et comment réagir à ce moment. L’annonce est pas seulement pour nous mais pour eux aussi. L’annoncer via les réseaux sociaux m’a donné la chance de ne pas recevoir en pleine face toutes ces réactions. Je pouvais lire à mon rythme, prendre des pauses, relire les mots qui faisaient du bien, ignorer certains. Personnellement ça me convenait de cette façon, je ne voulais pas non plus avoir à gérer des appels ou des visites de mon entourage sur plusieurs jours, d’avoir à raconter chaque fois l’histoire ou pire d’avoir à gérer leurs émotions. Allez, je crève l’abcès d’un coup, avec mes mots, sans me faire interrompre. De toute façon, il y a pas de bonne ou de mauvaise façon de l’annoncer. Pour en avoir discuté avec Véro, les deux ont avait la même opinion là dessus. Pas besoin de tourner le fer dans la plaie chaque fois !
Je ne me voyais pas non plus ne pas l’annoncer. Certaines personnes pour diverses raisons décident de garder ça pour soi ou pour quelques personnes de la garde rapprochée. Dans mon fort intérieur, je ne voulais pas ça. Je voulais m’entourer de plus de monde possible et rapidement parce que je savais que si je le faisais pas sur le coup, que j’aurais fini par m’isoler et là ça devient dur de briser la glace après. J’avais besoin de lâcher cette bombe autour de moi sinon je sais que j’aurais fini par imploser. Ok on partage ça ensemble, ça va moins me péter en pleine face toute seule!
Le plus difficile a été les enfants. Pour vrai j’avais aucun mots, j’aurais du attendre que chéri revienne pour qu’on fasse ça ensemble mais comme mes amours avaient 15 et 18 ans, ils étaient au courant des tests que j’avais faits, ils savaient que ce matin-là, j’avais mes résultats. Avant mon départ, je les avais rassurés avec les mots qui m’avaient rassurée aussi. Je ne pouvais pas ne rien dire à mon retour, ils auraient su et auraient pu imaginer encore pire, l’année précédente leur grand-maman était décédée d’un cancer… J’ai été maladroite, j’ai manqué de mots, en voulant rendre le tout moins dramatique, j’ai pas su être à l’écoute de leurs émotions. Est-ce que je m’en veux? Non car je ne pouvais faire mieux à ce moment. Et chez moi (Véro), j’ai pas été guère mieux…c’est quoi les bons mots ? Mes enfants ont 15 et 18 aussi…j’ai été égoïste…ça sorti comme tout croche! J’ai été chanceuse, si on peut dire, j’ai pas eu à ramasser de pots cassés !
Maintenant je peux affirmer que ça m’a été plus difficile de faire l’annonce aux proches que de recevoir le diagnostic dans le bureau. On est pas préparé à recevoir cette nouvelle, mais d’avoir à l’annoncer alors qu’on ne sait pas encore ce qui va advenir de nous, que les émotions nous envahissent, personnes ne peut faire ça comme une championne du 1er coup. Moi (Vero), je me sentais tellement coupable…de faire vivre ça à ma famille….j’aurais voulu les protéger…parce que même si j’ai pas eu de pots cassés, ça laisse des traces une nouvelle de même !
Toi qui vient d’apprendre que ta soeur/amie/collègue/conjointe/mère a le cancer, t’es sur le cul. Tu sais pas quoi dire, ben c’est correct de le dire que tu sais pas quoi dire. C’est probablement la meilleure chose que tu pouvais dire justement. Et tu peux lui demander “Qu’as-tu de besoin tout de suite?” Certaines voudront un câlin, d’autres se retrouver seule tandis que d’autres voudront en parler ou en brailler.
Toi qui vient d’avoir le diagnostic, t’as des touts petits à la maison, il existe plusieurs livres sur comment parler du cancer avec les enfants. Voici quelques titres mais évidemment on ne connais pas tout ce qui est en librairie ou sur le net.
Ma maman est une pirate, Livre de Karine Surugue
L’enfant et l’adolescent face au cancer d’un parent, par la société canadienne du cancer
Le loup est malade, Livre de Brigitte Marleau, Julie Deschênes et Mika
Maman a le cancer, Livre de Jennifer Moore-Mallinos/ Marta Fabrega/ Martine Perriau
Luron apprivoise les forces de l’espoir : démarche curative, Livre de Line St-Amour et Marc Beaudet
Ton tandem rose
